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Abattement en succession et donation : définition et montants 2026

Abattement en succession et donation : définition, montants 2026 et exemples. Découvrez comment l'abattement donation réduit la taxe sur vos transmissions.

9 min de lecture · Publié le 2 mars 2026 ·abattement
Sommaire
L'essentiel à retenir
Définition simpleUn abattement est une somme déduite de votre base imposable avant le calcul de l'impôt — il réduit ce sur quoi vous êtes taxé, pas directement l'impôt lui-même.
Trois contextes principauxL'abattement existe en matière de revenus (salaires, micro-entreprise), de succession et de donation — avec des montants très différents selon les cas.
Abattement ≠ réduction d'impôtUne réduction d'impôt s'applique sur l'impôt déjà calculé ; un abattement s'applique en amont, sur le revenu ou la valeur des biens transmis.
Chiffres 2026En succession, l'abattement entre parent et enfant reste fixé à 100 000 € ; une exonération exceptionnelle de 100 000 € (dispositif 2025-2026) existe pour les dons familiaux destinés à l'achat d'un logement neuf ou en VEFA, ou à la rénovation énergétique.

Définition simple : qu'est-ce qu'un abattement ?

Un abattement est une déduction qui vient diminuer l'assiette fiscale, c'est-à-dire le montant sur lequel l'impôt ou les droits de succession sont calculés. Concrètement : avant que le fisc applique son barème, on retire d'abord l'abattement. Vous n'êtes imposé que sur ce qui reste.

C'est une notion que l'on retrouve dans plusieurs domaines de la fiscalité française : l'impôt sur le revenu, les droits de succession, les donations, et même la micro-entreprise. Dans chaque cas, le principe est identique — seul le montant change.

Comment fonctionne un abattement ?

Imaginez que vous héritez de 150 000 € de votre mère. Sans abattement, vous seriez imposé sur la totalité. Avec l'abattement de 100 000 € prévu pour les enfants, vous n'êtes taxé que sur 50 000 €. L'abattement n'efface pas l'impôt, mais il réduit significativement la base sur laquelle il est calculé.

Le mécanisme est donc le suivant :

Valeur brute reçue − Abattement = Base imposable C'est sur cette base imposable que s'applique ensuite le barème progressif des droits de succession ou le taux d'imposition sur le revenu.

Abattement, déduction, réduction d'impôt : quelles différences ?

Ces trois termes sont souvent confondus, mais ils n'agissent pas au même moment du calcul fiscal.

  • L'abattement (et plus largement la déduction) s'applique avant le calcul de l'impôt, en réduisant la base imposable. Son avantage dépend de votre taux d'imposition.
  • La réduction d'impôt s'applique après le calcul, en soustrayant une somme directement de l'impôt dû. Elle ne peut pas dépasser le montant de l'impôt à payer — l'excédent est perdu.
  • Le crédit d'impôt fonctionne comme une réduction, mais avec un avantage supplémentaire : si son montant dépasse l'impôt dû, l'excédent vous est remboursé par l'administration fiscale.

En droit fiscal français, l'abattement est une forme particulière de déduction : il est forfaitaire (fixe ou proportionnel) et s'applique automatiquement, sans que vous ayez à fournir de justificatifs. C'est ce qui le distingue de la déduction au réel, qui nécessite de prouver vos dépenses.

Les principaux types d'abattements en 2026

Les abattements existent dans trois grandes situations : les revenus professionnels, la succession et la donation. Voici les montants en vigueur pour 2026.

Abattement fiscal sur les revenus

Pour les salariés, l'administration fiscale applique automatiquement un abattement forfaitaire de 10 % sur les salaires déclarés, destiné à couvrir les frais professionnels courants (transport, repas, documentation). Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, cet abattement est plafonné à 14 426 € et ne peut pas être inférieur à 504 €.

Vous n'avez aucune démarche à effectuer : l'abattement de 10 % est calculé et déduit automatiquement. Si vos frais réels dépassent ce forfait, vous pouvez opter pour la déduction au réel — mais les deux régimes ne se cumulent pas.

Pour les micro-entrepreneurs, des abattements forfaitaires différents s'appliquent selon l'activité :

Type d'activité Abattement forfaitaire
Vente de marchandises (BIC achat-revente) 71 % du chiffre d'affaires
Prestations de services (BIC) 50 % du chiffre d'affaires
Activités libérales (BNC) 34 % du chiffre d'affaires
Location meublée de tourisme non classée 30 % des recettes

Abattement succession : les montants par lien de parenté

C'est le domaine où les abattements ont le plus d'impact pour les particuliers. Leur montant varie selon le lien de parenté entre le défunt (ou le donateur) et l'héritier (ou le donataire). Le tableau ci-dessous présente les abattements applicables — notez que certains montants diffèrent selon qu'il s'agit d'une succession ou d'une donation (notamment pour les petits-enfants).

Lien de parenté Abattement applicable
Enfant (ou parent) 100 000 €
Petit-enfant — donation 31 865 €
Petit-enfant — succession directe (sans représentation) 1 594 €
Frère ou sœur 15 932 €
Neveu ou nièce 7 967 €
Personne handicapée (cumulable) 159 325 €
Conjoint ou partenaire de PACS Exonération totale

Pour connaître les taux qui s'appliquent une fois l'abattement déduit, consultez notre article détaillé sur le barème des droits de succession.

L'abattement de 100 000 € entre parent et enfant se renouvelle tous les 15 ans. Si vous avez déjà bénéficié d'une donation de 100 000 € de votre père en 2015, vous pouvez à nouveau bénéficier de cet abattement complet à partir de 2030. C'est un levier de transmission à anticiper — la donation-partage permet notamment de structurer ces transmissions anticipées en toute sécurité juridique.

L'abattement pour handicap mérite une attention particulière : il s'élève à 159 325 € et se cumule avec l'abattement lié au lien de parenté. Un enfant handicapé bénéficie donc d'un abattement total de 259 325 € (100 000 € + 159 325 €). Cet abattement n'est pas automatique : il faut justifier que le handicap empêche de travailler dans des conditions normales de rentabilité.

Pour aller plus loin sur les stratégies pour réduire vos droits de succession, consultez notre guide complet : Réduire les droits de succession.

Abattement donation : comment ça marche ?

L'abattement donation fonctionne sur le même principe que l'abattement en succession : il réduit la base imposable avant le calcul des droits de donation (la taxe sur donation). La différence clé est que vous pouvez l'utiliser de votre vivant, et surtout qu'il se renouvelle intégralement tous les 15 ans.

Concrètement, un parent peut donner 100 000 € à chacun de ses enfants sans payer aucun droit. Quinze ans plus tard, il peut recommencer. Sur une vie, cela représente deux ou trois cycles d'abattement donation utilisables — soit jusqu'à 300 000 € transmis par enfant en franchise totale de taxe.

L'abattement donation s'applique aussi aux petits-enfants (31 865 €), aux arrière-petits-enfants (5 310 €) et même aux neveux et nièces (7 967 €). À cela s'ajoute un abattement spécifique de 31 865 € pour les dons familiaux de sommes d'argent (article 790 G du CGI), cumulable avec l'abattement principal, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et le bénéficiaire soit majeur.

Pour un guide complet sur l'utilisation de cet abattement, consultez notre article sur l'abattement de 100 000 € donation parent-enfant.

Donation et taxe : l'impact de l'abattement sur les droits à payer

La taxe sur les donations — officiellement appelée droits de mutation à titre gratuit — suit le même barème progressif que les droits de succession. Sans abattement, même un don modeste peut générer des droits significatifs : 20 % dès 15 932 € en ligne directe, 55 % à taux fixe pour un neveu, 60 % pour une personne sans lien familial.

C'est précisément là que l'abattement donation change tout. En réduisant la base taxable, il peut réduire la taxe sur donation à zéro pour la plupart des transmissions familiales courantes. Un couple avec deux enfants peut transmettre jusqu'à 400 000 € (100 000 € × 2 parents × 2 enfants) sans qu'aucune taxe ne soit due — et recommencer 15 ans plus tard.

Pour les donations qui dépassent l'abattement, les droits se calculent tranche par tranche sur le surplus, exactement comme en succession. Notre simulateur de droits de succession vous permet d'estimer le montant de la taxe applicable à votre donation.

Attention : les donations effectuées dans les 15 ans précédant un décès sont rapportées fiscalement à la succession. L'abattement déjà consommé lors de la donation est déduit de celui disponible au moment du décès. Anticiper est donc essentiel pour maximiser l'économie de taxe.

Exemples concrets d'abattements

Cas pratique 1 : Abattement en succession (parent → enfant)

Cas pratique
Marie hérite de sa mère décédée. Sa part dans la succession s'élève à 200 000 €.
01
Part brute reçue : 200 000 €
02
Abattement enfant (art. 779 CGI) : − 100 000 €
03
Base imposable : 100 000 €
04
Droits de succession dus (barème ligne directe, taux moyen ~20 %) : environ 18 194 € Résultat : Sans abattement, Marie aurait été taxée sur 200 000 €. Grâce à l'abattement, elle économise environ 18 000 € de droits.
Si la mère avait anticipé en effectuant une donation de 100 000 € à Marie plus de 15 ans avant son décès, l'abattement aurait été reconstitué et Marie aurait pu bénéficier d'un second abattement de 100 000 € à l'ouverture de la succession. Pour estimer votre propre situation, utilisez notre simulateur de droits de succession.

Cas pratique 2 : Abattement donation (parent → enfant)

Cas pratique
Pierre, 60 ans, souhaite donner 130 000 € à sa fille Sophie.
01
Don total : 130 000 €
02
Abattement donation parent-enfant : − 100 000 €
03
Abattement don familial de sommes d'argent (Pierre a moins de 80 ans, Sophie est majeure) : − 31 865 €
04
Base taxable : 0 € Résultat : Aucune taxe à payer. Pierre transmet 130 000 € en franchise totale de droits en cumulant les deux abattements.
Dans 15 ans, Pierre pourra renouveler l'opération et donner à nouveau 100 000 € sans droits. Si Sophie utilise les fonds pour acheter un logement neuf, l'exonération exceptionnelle 2026 de 100 000 € peut s'ajouter.

Cas pratique 3 : Abattement fiscal sur salaire

Cas pratique
Thomas est salarié et déclare 50 000 € de salaire brut en 2026 (revenus 2025).
01
Salaire brut déclaré : 50 000 €
02
Abattement forfaitaire 10 % : − 5 000 €
03
Revenu imposable : 45 000 €
04
Économie d'impôt estimée (TMI à 30 %) : environ 1 500 € Résultat : L'abattement de 10 % est appliqué automatiquement par l'administration. Thomas n'a rien à faire pour en bénéficier.
Si Thomas engage des frais professionnels réels supérieurs à 5 000 € (par exemple, de longs trajets domicile-travail), il peut opter pour la déduction au réel — mais il devra conserver tous ses justificatifs pendant 4 ans.

Vous souhaitez estimer les droits de succession ou de donation applicables à votre situation ? Utilisez notre [simulateur gratuit](https://apres-eux.com/outils/simulateur-droits-succession) pour obtenir une estimation personnalisée en quelques minutes.

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L'exonération exceptionnelle pour les dons familiaux (dispositif 2025-2026)

Ce dispositif, issu de la loi de finances pour 2025 et applicable jusqu'au 31 décembre 2026, permet d'encourager les transmissions intergénérationnelles en faveur du logement et de la rénovation énergétique.

Concrètement, un parent peut donner jusqu'à 100 000 € à un enfant, petit-enfant ou arrière-petit-enfant (ou à défaut, un neveu ou une nièce) en totale exonération de droits, à condition que les fonds soient utilisés dans les 6 mois suivant le versement pour : - l'achat d'un logement neuf ou en l'état futur d'achèvement (VEFA) destiné à la résidence principale du donataire, - ou des travaux de rénovation énergétique éligibles à MaPrimeRénov sur la résidence principale.

Cette exonération est plafonnée à 300 000 € pour un même bénéficiaire, tous donateurs confondus. Elle se cumule avec les abattements classiques et avec l'exonération des dons familiaux de sommes d'argent (31 865 € tous les 15 ans). Elle est strictement limitée à l'année 2026.

Cette exonération exceptionnelle expire le 31 décembre 2026. Si les fonds ne sont pas utilisés dans les 6 mois suivant le versement, ou si le logement acquis est revendu dans les 5 ans, l'exonération est remise en cause et les droits deviennent exigibles. Agissez avant la fin de l'année et consultez un notaire pour sécuriser l'opération.

Pour comprendre comment intégrer ce dispositif dans une stratégie globale de transmission, notre guide sur la donation-partage vous donnera toutes les clés.

Ce qu'il faut retenir

Un abattement est un outil fiscal simple dans son principe : il réduit la base sur laquelle l'impôt est calculé, avant même que le barème s'applique. En matière de succession et de donation, il représente souvent plusieurs dizaines de milliers d'euros d'économie — à condition de l'anticiper.

Les points essentiels à retenir pour 2026 : - L'abattement entre parent et enfant reste à 100 000 €, renouvelable tous les 15 ans. - Le conjoint survivant et le partenaire de PACS bénéficient d'une exonération totale de droits de succession. - Une exonération exceptionnelle de 100 000 € existe jusqu'au 31 décembre 2026 pour les dons destinés à l'achat d'un logement neuf ou en VEFA, ou à la rénovation énergétique. - Sur les salaires, l'abattement de 10 % est automatique, plafonné à 14 426 €.

Chaque situation familiale et patrimoniale est différente. Pour savoir quels abattements vous concernent et comment les utiliser au mieux, un conseiller spécialisé peut vous aider à construire une stratégie sur mesure.

Votre situation successorale mérite une analyse personnalisée. Un conseiller spécialisé peut vous aider à identifier tous les abattements auxquels vous avez droit et à organiser votre transmission dans les meilleures conditions fiscales.

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Questions fréquentes

L'abattement donation est la somme que vous pouvez transmettre à un proche sans payer aucun droit de donation (taxe). Entre parent et enfant, il est de 100 000 € et se renouvelle tous les 15 ans. Un abattement spécifique de 31 865 € s'ajoute pour les dons familiaux de sommes d'argent si le donateur a moins de 80 ans. Un couple peut ainsi transmettre 400 000 € à deux enfants sans aucune taxe.
La taxe sur donation (droits de mutation à titre gratuit) s'applique sur la valeur du don après déduction de l'abattement. En ligne directe, le barème va de 5 % à 45 % selon le montant taxable. L'abattement de 100 000 € par enfant permet d'annuler la taxe pour la plupart des donations courantes. Au-delà de l'abattement, les droits se calculent tranche par tranche, comme en succession.
Un abattement fiscal est une somme déduite de votre base imposable avant que l'impôt soit calculé. Contrairement à une réduction d'impôt qui s'applique sur l'impôt déjà calculé, l'abattement agit en amont : vous n'êtes taxé que sur ce qui reste après déduction. Plus votre taux d'imposition est élevé, plus l'abattement est avantageux.
L'abattement réduit la base imposable, c'est-à-dire le montant sur lequel l'impôt est calculé. La réduction d'impôt, elle, s'applique directement sur l'impôt déjà calculé et ne peut pas dépasser ce montant. Le crédit d'impôt va encore plus loin : si son montant dépasse l'impôt dû, l'excédent est remboursé par l'administration fiscale.
En 2026, l'abattement applicable entre un parent et un enfant en matière de succession ou de donation est de 100 000 €. Cela signifie que seule la part reçue au-delà de ce seuil est soumise aux droits de succession. Cet abattement se renouvelle tous les 15 ans, ce qui permet d'optimiser la transmission sur le long terme.
L'abattement forfaitaire de 10 % sur les salaires est appliqué automatiquement par l'administration fiscale pour couvrir les frais professionnels courants. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, il est plafonné à 14 426 € et ne peut pas être inférieur à 504 €. Aucune démarche n'est nécessaire. Si vos frais réels dépassent ce forfait, vous pouvez opter pour la déduction au réel, mais les deux régimes ne se cumulent pas.
La loi de finances pour 2026 a créé une exonération temporaire permettant à un parent de donner jusqu'à 100 000 € à un enfant, petit-enfant ou arrière-petit-enfant sans droits de donation, à condition que les fonds soient utilisés dans les 6 mois pour acheter un logement neuf (résidence principale) ou financer des travaux de rénovation énergétique éligibles à MaPrimeRénov. Le plafond global est de 300 000 € par bénéficiaire. Ce dispositif expire le 31 décembre 2026.

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