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Déclaration de succession : délais, formulaires et calcul des droits 2026

Comment déclarer une succession en 2026 : délai de 6 mois, formulaire 2705-SD, calcul des droits selon les abattements et barèmes. Cas pratiques chiffrés.

16 min de lecture · Publié le 10 mars 2026 ·declaration-de-succession
Sommaire
L'essentiel à retenir
Obligation légaleTout héritier, légataire ou donataire doit déposer une déclaration de succession auprès du fisc dans les 6 mois suivant le décès (art. 800 du CGI pour l'obligation, art. 641 pour le délai), sauf rares exceptions.
Formulaire principalLa déclaration s'effectue via le formulaire 2705-SD (Cerfa 11277), déposé auprès du service de l'enregistrement du domicile du défunt — en ligne via e-enregistrement ou par voie papier selon les modalités en vigueur.
Calcul des droitsChaque héritier bénéficie d'un abattement selon son lien de parenté (100 000 € pour un enfant), puis paie des droits sur la part imposable selon un barème progressif.
PénalitésUn retard de dépôt entraîne une majoration de 10 % des droits dus, portée à 40 % en cas de mise en demeure restée sans réponse.

Vous venez de perdre un proche. Vous avez six mois. Passé ce délai, les pénalités fiscales s'appliquent automatiquement — sans avertissement préalable. Ce guide vous explique concrètement ce que vous devez faire, dans quel ordre, avec quels documents, et comment calculer ce que vous aurez à payer.


Qu'est-ce qu'une déclaration de succession et qui doit la déposer ?

La déclaration de succession est un document administratif obligatoire que les héritiers remettent à l'administration fiscale après un décès. Elle sert à recenser l'ensemble du patrimoine transmis — biens immobiliers, comptes bancaires, placements, meubles — et à calculer les droits de succession (l'impôt successoral) dus par chaque bénéficiaire.

L'obligation est posée par l'article 800 du Code général des impôts (CGI) : héritiers, légataires et donataires doivent souscrire une déclaration détaillée, sauf dispense expresse. Autrement dit, même si vous n'avez aucun impôt à payer au final, vous devez en principe déclarer.

Qui est dispensé de déclarer ?

La loi prévoit deux cas de dispense :

  • Héritiers en ligne directe et conjoint/partenaire de PACS : aucune déclaration si l'actif brut successoral est inférieur à 50 000 €, à condition qu'il n'existe aucun bien immobilier et qu'aucun don manuel non déclaré n'ait été consenti par le défunt.
  • Autres héritiers (frères, sœurs, neveux, cousins, tiers) : dispense uniquement si l'actif brut est inférieur à 3 000 €.

Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont totalement exonérés de droits de succession (art. 796-0 bis du CGI). Ils peuvent néanmoins rester tenus de déposer la déclaration si les seuils ci-dessus sont dépassés.

Dans la pratique, dès qu'un bien immobilier figure dans la succession, que la valeur dépasse 5 000 € ou qu'un testament existe, le recours à un notaire est fortement recommandé : il est seul habilité à établir l'acte de notoriété prouvant la qualité d'héritier, pièce indispensable à la déclaration.


Quel délai pour déclarer une succession ?

Le délai légal est fixé par l'article 641 du CGI. La règle est simple : 6 mois à compter du jour du décès pour un défunt décédé en France métropolitaine.

L'administration fiscale tolère le dépôt jusqu'au dernier jour du mois civil où expire ce délai. Exemple : si le décès survient le 14 janvier 2026, le délai formel court jusqu'au 14 juillet 2026, mais le fisc accepte les dépôts jusqu'au 31 juillet 2026.

Délais étendus selon le lieu de décès

Lieu du décès Délai de déclaration
France métropolitaine 6 mois
Hors de France (étranger) 12 mois
DOM — décès dans le département de domicile 6 mois
DOM — décès hors du département de domicile 12 mois
Réunion — décès à La Réunion 6 mois
Réunion — décès à Madagascar, Maurice, Europe ou Afrique 12 mois
Réunion — décès ailleurs 24 mois
Bien immobilier en Corse ou propriété sans titre transcrit 24 mois

Peut-on obtenir un délai supplémentaire ?

Les délais légaux sont dits « de rigueur » : ils ne peuvent pas être prolongés par simple demande. Une seule exception existe : si des héritiers contestent la dévolution successorale devant un tribunal dans le délai initial de 6 mois, le délai de déclaration est suspendu jusqu'à ce que la décision judiciaire soit définitive.

Ne comptez pas sur une tolérance informelle. Selon la Cour des comptes, seulement 33,7 % des déclarations de succession ont été déposées dans les délais légaux en 2023. Les pénalités s'appliquent automatiquement au-delà du délai, sans mise en garde préalable.


La checklist des documents à réunir

Avant de remplir le moindre formulaire, voici ce dont vous aurez besoin. Plus vous anticipez cette étape, plus vous avancez vite.

Documents d'état civil

  • Acte de décès
  • Justificatifs d'identité de tous les héritiers
  • Acte de notoriété (établi par le notaire si la succession contient un bien immobilier)
  • Testament, s'il en existe un

Documents patrimoniaux

  • Titres de propriété des biens immobiliers
  • Relevés de tous les comptes bancaires et livrets à la date du décès
  • Relevés de placements financiers (PEA, assurance-vie, PER)
  • Contrats d'assurance-vie (pour identifier les contrats soumis à déclaration)
  • Parts de société ou de SCI le cas échéant

Documents de passif

  • Tableaux d'amortissement des crédits en cours
  • Factures médicales et d'hospitalisation impayées
  • Avis d'imposition (impôts dus non réglés)
  • Factures de frais funéraires

Les frais funéraires sont déductibles dans la limite de 1 500 € pour les inhumations, et selon justificatifs réels pour la crémation. Conservez toutes les factures.

Pour les démarches dans les premiers jours suivant le décès, notre guide des démarches après un décès vous accompagne étape par étape.


Comment déclarer une succession : la procédure pas à pas

Étape 1 — Mandater un notaire si nécessaire

Dès qu'un bien immobilier est présent dans la succession, le notaire est incontournable. C'est lui qui établit l'acte de notoriété, évalue les biens avec des références de marché défendables, et dépose la déclaration pour le compte des héritiers. Pour estimer le coût de cette intervention, consultez notre guide sur les frais de notaire en succession.

Étape 2 — Remplir le formulaire 2705-SD

Le formulaire principal est le 2705-SD (Cerfa 11277). Il recense :

  • L'identité du défunt et de tous les bénéficiaires
  • L'inventaire complet des biens (immobilier, mobilier, comptes, assurances-vie)
  • Le passif déductible (dettes, frais funéraires)
  • La part revenant à chaque héritier

Des formulaires complémentaires peuvent s'ajouter : le 2705-S-SD si la déclaration est volumineuse, et le 2705-A-SD pour les contrats d'assurance-vie soumis à l'article 757 B du CGI (primes versées après 70 ans).

Étape 3 — Calculer l'actif net successoral et les droits dus

L'actif net = total des biens − total des dettes du défunt. Cet actif net est réparti entre les héritiers selon leurs droits. Sur la part de chacun, on applique l'abattement correspondant à son lien de parenté, puis le barème progressif des droits de succession.

Étape 4 — Déposer la déclaration et payer les droits

La déclaration est déposée auprès du service de l'enregistrement du domicile du défunt, via impots.gouv.fr (plateforme e-enregistrement). Le paiement des droits intervient au moment du dépôt. Si vous ne pouvez pas payer en une fois, deux options existent :

  • Paiement fractionné : jusqu'à 3 versements sur 12 mois (ou 7 versements sur 3 ans si la succession contient au moins 50 % d'actifs non liquides).
  • Paiement différé : possible notamment en cas de nue-propriété héritée.

Ces deux dispositifs nécessitent une demande formelle et le versement d'intérêts (0,20 % par mois, soit 2,4 % par an).


Calcul des droits de succession : abattements et barèmes

Les abattements selon le lien de parenté

Lien avec le défunt Abattement
Enfant, parent (père ou mère) 100 000 €
Conjoint survivant / partenaire de PACS Exonération totale
Frère ou sœur 15 932 €
Neveu ou nièce 7 967 €
Petit-enfant (héritage direct, sans représentation) 1 594 €
Personne handicapée (tout lien de parenté) + 159 325 € supplémentaires
Autres héritiers (cousins, tiers…) 1 594 €

Le barème progressif pour les héritiers en ligne directe

Part taxable (après abattement) Taux
Jusqu'à 8 072 € 5 %
De 8 072 € à 12 109 € 10 %
De 12 109 € à 15 932 € 15 %
De 15 932 € à 552 324 € 20 %
De 552 324 € à 902 838 € 30 %
De 902 838 € à 1 805 677 € 40 %
Au-delà de 1 805 677 € 45 %

Pour les frères et sœurs : 35 % jusqu'à 24 430 € de part taxable, puis 45 % au-delà. Pour les neveux, nièces et collatéraux jusqu'au 4e degré : 55 %. Pour les tiers et parents au-delà du 4e degré : 60 %.

Consultez notre barème complet des droits de succession mis à jour pour 2026.


Cas pratiques chiffrés

Cas 1 — Maison héritée par deux enfants

Cas pratique
Un père décède et laisse une maison estimée à 300 000 € et 20 000 € de dettes. Deux enfants héritent à parts égales.
01
Actif net : 300 000 € − 20 000 € = 280 000 €
02
Part de chaque enfant : 140 000 €
03
Abattement par enfant : 100 000 €
04
Part imposable par enfant : 40 000 €
05
Droits par enfant : 8 072 € × 5 % + (12 109 − 8 072) × 10 % + (15 932 − 12 109) × 15 % + (40 000 − 15 932) × 20 % = 6 194 €
Chaque enfant paie environ 6 194 € de droits. Total famille : 12 388 €.
Si cette maison était la résidence principale du défunt, un abattement de 20 % sur sa valeur vénale s'applique — soit une valeur retenue de 240 000 € au lieu de 300 000 €, ce qui réduit encore les droits.

Estimez vos droits de succession en quelques clics grâce à notre simulateur. Renseignez la valeur du patrimoine, le nombre d'héritiers et leur lien de parenté : le résultat s'affiche instantanément.

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Cas 2 — Succession avec passif important

Cas pratique
Une mère décède, laissant un appartement (350 000 €) et des placements (150 000 €). Elle avait un crédit immobilier restant de 80 000 €. Son fils unique hérite de tout.
01
Actif net : 500 000 € − 80 000 € = 420 000 €
02
Abattement enfant : 100 000 €
03
Part imposable : 320 000 €
04
Droits : environ 62 194 €
Sans les 80 000 € de dettes déductibles, le fils aurait payé environ 78 194 € — le passif lui économise 16 000 € d'impôt.
Toutes les dettes prouvées du défunt sont déductibles. Ne négligez aucun justificatif.

Cas 3 — Succession entre frères et sœurs

Cas pratique
Un homme célibataire décède sans enfant ni parent survivant. Sa sœur hérite d'un patrimoine net de 80 000 €.
01
Abattement frère/sœur : 15 932 €
02
Part imposable : 64 068 €
03
Droits : 24 430 × 35 % + (64 068 − 24 430) × 45 % = 26 387 €
La sœur paie 26 387 €, soit un taux effectif de 33 % — bien plus élevé que pour un enfant dans la même situation.
Si la sœur remplissait les conditions de l'article 796-0 ter du CGI (célibataire ou veuve, cohabitation avec le défunt depuis au moins 5 ans, plus de 50 ans ou invalide), elle aurait pu être totalement exonérée. À vérifier systématiquement avec le notaire.

Les erreurs courantes à éviter

Oublier des biens ou sous-estimer le patrimoine

Tout doit figurer : comptes courants, livrets, PEA, contrats d'assurance-vie soumis aux droits (primes versées après 70 ans au-delà de 30 500 €), parts de société, véhicules, bijoux, œuvres d'art. En l'absence d'inventaire notarié du mobilier, le fisc applique un forfait de 5 % de l'actif net pour évaluer les meubles meublants.

Mal évaluer un bien immobilier

La valeur retenue doit être la valeur vénale au jour du décès. Une sous-évaluation est l'un des motifs de contrôle fiscal les plus fréquents. Appuyez-vous sur des références de ventes comparables récentes, ou faites appel à un expert immobilier.

La résidence principale bénéficie d'un abattement de 20 % sur sa valeur vénale, mais uniquement si elle était occupée à titre de résidence principale par le défunt ou par son conjoint survivant au moment du décès.

Dépasser le délai de 6 mois

C'est l'erreur la plus coûteuse. Les pénalités sont automatiques :

  • +10 % des droits dus dès le premier jour de retard
  • +40 % si une mise en demeure reste sans réponse sous 90 jours
  • +0,20 % par mois d'intérêts de retard (2,4 % par an)

Ignorer les donations antérieures

Les donations consenties par le défunt au cours des 15 années précédant le décès doivent être rappelées dans la déclaration. Elles s'imputent sur l'abattement disponible. Si votre parent vous a donné 60 000 € il y a 8 ans, votre abattement résiduel n'est plus que de 40 000 €. Omettre ce rappel expose à un redressement fiscal.


Exonérations et cas particuliers

Le conjoint et le partenaire de PACS : exonération totale

Depuis la loi TEPA de 2007, le conjoint survivant et le partenaire de PACS ne paient aucun droit de succession, quelle que soit la valeur des biens transmis (art. 796-0 bis du CGI).

Le concubin : la situation la plus défavorable

Le concubin n'est pas reconnu comme héritier légal. S'il figure dans un testament, il est traité comme un tiers et supporte le taux de 60 % après un abattement de seulement 1 594 €. L'assurance-vie reste l'outil le plus efficace pour transmettre à un concubin — avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. Notre guide sur l'assurance-vie et la succession détaille ce mécanisme en détail.

L'assurance-vie : un régime à part

Les capitaux décès versés par une assurance-vie ne font généralement pas partie de la succession civile et n'entrent pas dans le calcul de la réserve héréditaire. Leur traitement fiscal dépend de l'âge du souscripteur au moment des versements :

  • Primes versées avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 852 500 €, et 31,25 % au-delà.
  • Primes versées après 70 ans : abattement global de 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires, le surplus étant soumis aux droits de succession classiques.

Pour réduire la facture fiscale de votre succession, notre guide comment réduire les droits de succession détaille toutes les stratégies légales disponibles.


Ce qui change en 2026

La dématérialisation en cours de déploiement : la plateforme e-enregistrement sur impots.gouv.fr permet désormais le dépôt en ligne des déclarations de succession. Cette évolution vise à améliorer le taux de conformité — rappelons que seules 33,7 % des déclarations étaient déposées dans les délais en 2023 — et à réduire les délais de traitement.

La revalorisation de l'abattement en ligne directe : un amendement adopté dans le cadre du projet de loi de finances 2025 prévoyait de porter l'abattement parent-enfant de 100 000 € à 120 000 €. Au moment de la rédaction de cet article, l'entrée en vigueur de cette mesure reste à confirmer. Vérifiez l'état de la législation auprès de votre notaire ou directement sur impots.gouv.fr avant de déposer votre déclaration.


Conclusion

Déclarer une succession n'est pas une option. C'est une obligation légale, avec un délai de 6 mois qui court dès le jour du décès — et des pénalités automatiques dès le premier jour de retard.

La bonne nouvelle, c'est que la procédure est balisée. Un formulaire principal (le 2705-SD), des abattements clairs selon le lien de parenté, un barème progressif connu à l'avance. Pour la plupart des successions avec enfants, l'abattement de 100 000 € par enfant absorbe une grande partie — voire la totalité — des droits dus.

Les difficultés surgissent quand on sous-estime le patrimoine, qu'on oublie de rappeler les donations des 15 dernières années, ou qu'on laisse filer le délai faute d'avoir mandaté un notaire assez tôt. Ce sont ces erreurs-là qui coûtent cher — bien plus que les droits eux-mêmes.

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Questions fréquentes

Le délai légal est de 6 mois à compter du jour du décès pour un défunt décédé en France métropolitaine. Ce délai est porté à 12 mois si le décès survient à l'étranger ou dans un DOM hors du département de domicile, et à 24 mois dans certains cas spécifiques (biens en Corse, décès dans certaines zones géographiques éloignées). Passé ce délai, une majoration de 10 % des droits dus s'applique automatiquement.
Tout héritier, légataire ou donataire doit en principe déposer une déclaration de succession. Des dispenses existent : les héritiers en ligne directe et le conjoint ou partenaire de PACS sont dispensés si l'actif brut est inférieur à 50 000 €, les autres héritiers si l'actif brut est inférieur à 3 000 €. Dès qu'un bien immobilier est présent ou que la valeur dépasse 5 000 €, le recours à un notaire est obligatoire.
Tous les biens du défunt doivent figurer dans la déclaration : biens immobiliers, comptes bancaires, livrets d'épargne, placements financiers, contrats d'assurance-vie soumis aux droits, parts de société, véhicules, bijoux et œuvres d'art. Les dettes prouvées du défunt (crédits, factures médicales, impôts dus, frais funéraires dans la limite de 1 500 €) sont déductibles de l'actif brut pour calculer l'actif net imposable.
Chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 € sur sa part successorale. Seule la fraction excédant cet abattement est soumise au barème progressif des droits de succession, dont les taux vont de 5 % à 45 %. Attention : les donations reçues du défunt au cours des 15 années précédant le décès s'imputent sur cet abattement et le réduisent d'autant.
Un dépôt hors délai entraîne automatiquement une majoration de 10 % des droits dus, sans mise en garde préalable. Si l'administration fiscale envoie une mise en demeure restée sans réponse dans les 90 jours, la majoration passe à 40 %. Des intérêts de retard de 0,20 % par mois (soit 2,4 % par an) s'ajoutent également sur les droits impayés. En cas de fraude avérée, la majoration peut atteindre 80 %.

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